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Endométriose : les chiffres officiels en France

Publié le 31 octobre 2026
Agenda médical et stéthoscope posés sur un bureau, illustration du parcours de diagnostic de l

Mis à jour le 31 octobre 2026. Chaque chiffre de ce guide vient d'une page officielle — le dossier de l'Inserm et les fiches de Santé.fr — relue intégralement le jour même, citée en bas de page avec sa date. Les données épidémiologiques sur l'endométriose évoluent : la prochaine revue de ce guide est prévue au printemps 2027.

Une femme sur dix en âge de procréer, cinq années en moyenne avant un diagnostic, un remboursement à 100 % ouvert depuis 2022 : l'endométriose s'exprime beaucoup en chiffres, rarement sourcés. Ce guide rassemble les chiffres officiels disponibles en France, les uns à côté des autres, avec leur origine exacte — y compris ceux que les citations usuelles déforment.

Les chiffres clés en un tableau

Que mesure-t-on ?Chiffre officielSource
Femmes concernées en âge de procréerEnviron 1 sur 10Inserm, Santé.fr
Délai moyen avant diagnosticEnviron 5 ansSanté.fr (page du 13/08/2026)
Femmes atteintes concernées par une infertilité30 à 40 %Inserm
Ovaires touchésDans environ 50 % des casInserm
Hausse des prises en charge hospitalières (2011-2017)+10,4 % chez les 25-49 ansInserm / Santé publique France
Sur risque relatif de cancer de l'ovaire×2 (risque absolu : 1,3 % → 2,5 %)Inserm
Remboursement des soins (ALD 31)100 %, sans avance de fraisSanté.fr (page du 01/03/2024)

Combien de femmes : 1 sur 10, et pourquoi ce chiffre varie

Le dossier de référence de l'Inserm, comme la fiche Santé.fr mise à jour le 12 février 2026, retient la même estimation : l'endométriose concerne environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit environ une femme sur dix. C'est une estimation, pas un comptage : le diagnostic exige une imagerie ou une intervention, et les femmes non diagnostiquées n'entrent dans aucune statistique.

Pourquoi certaines développent la maladie et d'autres non ? L'hypothèse la plus documentée part d'un constat étonnant : 90 % des femmes présentent des reflux menstruels rétrogrades (du sang qui remonte vers l'abdomen pendant les règles), mais seulement 10 % développent une endométriose. La différence se jouerait dans la capacité des cellules à s'implanter et à provoquer une inflammation. Les variantes génétiques identifiées n'expliquent pour l'instant moins de 10 % des cas : l'endométriose n'est pas une maladie « héréditaire » au sens strict.

Ce que les hospitalisations françaises révèlent

Les données hospitalières françaises, compilées par Santé publique France et relayées par l'Inserm sur la période 2011-2017, dessinent le portrait d'une maladie des femmes jeunes : 68,3 % des prises en charge hospitalisées concernent des femmes de 25 à 49 ans, moins de 4 % des femmes de moins de 25 ans — preuve que la maladie est rarement détectée dès les premiers symptômes, qui surviennent pourtant à l'adolescence — et 27,8 % des femmes de 50 ans et plus, souvent découvertes tardivement ou à l'occasion d'une autre affection.

Sur la même période, le risque de prise en charge hospitalière liée à l'endométriose a augmenté de +10,4 % chez les 25-49 ans. Cette hausse ne traduit pas forcément plus de malades : elle reflète aussi une meilleure reconnaissance de la maladie, portée par la stratégie nationale lancée en 2022.

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Les localisations : une maladie qui ne se limite pas aux ovaires

Les ovaires sont touchés dans environ 50 % des cas, mais l'endométriose pelvienne profonde se loge surtout ailleurs. Répartition donnée par l'Inserm :

Organe touchéPart des endométrioses profondes
Ligaments utérinsEnviron 50 %
Intestin (dont rectum)20 à 25 %
Vagin15 %
Vessie10 %
Uretères3 %

Cette carte explique la variété des symptômes — digestifs, urinaires, sexuels — et pourquoi un examen limité aux ovaires peut passer à côté de la maladie.

Fertilité : les vrais ordres de grandeur

L'endométriose est l'une des principales causes d'infertilité féminine en France. Le chiffre à retenir : 30 à 40 % des femmes atteintes présentent une infertilité. Concrètement, la fécondité par cycle tombe à 2 à 10 % chez les femmes concernées, contre 25 à 30 % pour un couple fertile. Sur trois ans, 36 % des couples dont la femme est atteinte obtiennent une grossesse spontanée, contre 55 % des couples confrontés à une infertilité inexpliquée. Ces moyennes cachent des situations très différentes selon la localisation et la profondeur des lésions.

Grossesse : des risques accrus, à garder en proportions

Les données de cohortes françaises citées par l'Inserm montrent, chez les femmes atteintes : un risque de fausse couche accru d'environ +30 % — jusqu'à trois fois plus en cas d'adénomyose associée —, un risque de césarienne environ doublé, et +30 % de risque d'hospitalisation du nouveau-né. Ce sont des hausses relatives calculées sur de grandes populations : la majorité des grossesses concernées se déroulent sans complication, et ces chiffres appellent un suivi, pas une inquiétude permanente.

Cancers : le piège des risques relatifs

Le chiffre le plus cité — et le plus mal cité — concerne le cancer de l'ovaire. Le risque relatif est bien doublé chez les femmes atteintes d'endométriose. Mais le risque absolu passe de 1,3 % (population générale) à 2,5 % : autrement dit, 97,5 % des femmes atteintes ne développeront pas ce cancer. Les autres associations mesurées : risque de cancer du sein accru d'environ 4 %, de cancer de la thyroïde de 39 %, et un risque de cancer du col de l'utérus réduit de 32 %. Aucune association n'a été établie avec le cancer colorectal.

Un risque cardiovasculaire longtemps ignoré

Moins connu : l'analyse de six cohortes totalisant 254 929 femmes montre chez les femmes atteintes un risque accru de +50 % de cardiopathie ischémique et de +17 % de maladie cérébrovasculaire. L'inflammation chronique portée par la maladie est l'hypothèse principale. Ces résultats, portés par le consortium Epi-Endo financé par France 2030, commencent seulement à atteindre les parcours de soins.

Le délai de diagnostic : de 7 ans à 5 ans

Pendant des années, le chiffre officiel était un retard d'« environ 7 ans » entre les premiers symptômes et le diagnostic — c'est encore ce que dit la fiche Santé.fr publiée en octobre 2023. La page la plus récente de Santé.fr, datée du 13 août 2026, avance désormais un diagnostic posé « en moyenne cinq années après les premiers symptômes ». Le raccourcissement est réel, et s'explique en partie par un phénomène bien documenté : la pilule contraceptive masque les symptômes, et la maladie n'est découverte qu'à l'arrêt.

Côté outils, deux avancées françaises citées par l'Inserm : le test salivaire Endotest, qui analyse 109 micro-ARN et détecte la maladie dans 96 % des cas avec 5 % de taux d'erreur — accessible précocement depuis 2025 —, et l'IA DEVA développée à Poissy, qui atteint 98 % de spécificité chez les 18-45 ans.

ALD 31 : ce que l'Assurance Maladie rembourse

Depuis 2022, l'endométriose ouvre droit à une affection de longue durée dédiée, la ALD 31. Concrètement, selon la fiche officielle de Santé.fr : remboursement à 100 % des soins en lien avec la maladie, sans avance de frais ; suppression des jours de carence dès le deuxième arrêt de travail lié à la maladie, pendant trois ans ; prise en charge des frais de transport sur prescription. Sont exclus : les médecines douces (ostéopathie, acupuncture…) et les dépassements d'honoraires.

La recherche française en chiffres

La stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, lancée en 2022, s'articule en trois axes, du soin à la recherche. La cohorte participative ComPaRe-Endométriose suit désormais environ 10 000 participantes. Le consortium Epi-Endo relie six grandes cohortes françaises (Constances, E3N, NutriNet-Santé, EDEN, PELAGIE, Elfe) pour chercher les origines environnementales de la maladie. Et le territoire s'organise : une dizaine de filières régionales (AFENA, Endo IDF, EndoSud…) rapprochent médecins généralistes et centres experts.

Notre méthode de veille

Ce guide est construit uniquement sur des sources officielles : le dossier endométriose de l'Inserm et les fiches de Santé.fr, chacune lue intégralement le 31 octobre 2026, sans passer par des sites intermédiaires. Nous revoyons l'ensemble à chaque mise à jour publiée par ces sources, et au minimum deux fois par an. Quand une source officielle en contredit une autre — comme sur le délai de diagnostic —, les deux chiffres sont donnés, avec leur date.

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Sources officielles

Dernière vérification de l'ensemble des chiffres : 31 octobre 2026. Prochaine revue au printemps 2027, ou dès la publication d'une donnée officielle nouvelle.

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