Arrêt maladie en 2026 : combien perdez-vous réellement ?
Un arrêt maladie en 2026 peut entraîner une perte de revenus importante, même lorsque la Sécurité sociale verse des indemnités journalières. Pour un salarié rémunéré 2 000 € brut par mois, le simulateur spécialisé Simulateur Gratuit estime cette perte nette à 410,34 € sur 30 jours et à 2 403,14 € sur 90 jours, selon les hypothèses de son calcul.
Le montant réellement perdu dépend du statut professionnel, du salaire, de l'ancienneté, de la durée de l'absence et des garanties complémentaires. Le salarié du privé, le fonctionnaire et le travailleur indépendant ne bénéficient pas des mêmes protections. Voici comment comprendre les mécanismes et refaire les calculs sans confondre salaire brut, indemnités et argent effectivement reçu.
Qui paie votre salaire pendant un arrêt maladie ?
Pour un salarié du secteur privé, l'indemnisation repose principalement sur deux acteurs : l'Assurance maladie, qui verse les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), et l'employeur, qui peut être tenu de compléter ces sommes.
La CPAM intervient normalement à partir du quatrième jour d'un arrêt pour maladie ordinaire. Les trois premiers jours constituent le délai de carence : aucune IJSS n'est versée pour cette période.
Le complément employeur fonctionne selon des règles distinctes. D'après les dispositions présentées par Simulateur Gratuit, un salarié ayant au moins un an d'ancienneté peut bénéficier d'un maintien correspondant à 90 % du salaire brut pendant une première période, puis à 66,67 % pendant la suivante, sous réserve des conditions applicables.
Attention : ces pourcentages désignent un niveau d'indemnisation global et non une somme que l'employeur ajouterait intégralement aux IJSS. Additionner mécaniquement 90 % du salaire et les indemnités de la CPAM conduirait à surestimer les revenus.
Comment calculer précisément les IJSS en 2026 ?
Le calcul commence par le salaire journalier de référence. Pour un salarié mensualisé, la méthode présentée par Calcunet consiste à additionner les trois derniers salaires mensuels bruts, puis à diviser le résultat par 91,25.
L'indemnité journalière brute correspond ensuite à 50 % de ce salaire journalier de référence, dans la limite du plafond réglementaire.
Un calcul à refaire étape par étape
Prenons un salarié dont le salaire brut est resté constant à 2 000 € par mois. Voici comment appliquer la formule avant de tenir compte des éventuelles retenues et compléments.
- Étape 1 : additionner les trois salaires bruts : 2 000 × 3 = 6 000 €.
- Étape 2 : calculer le salaire journalier de référence : 6 000 ÷ 91,25, soit environ 65,75 €.
- Étape 3 : appliquer le taux de 50 %, soit environ 32,88 € d'IJSS brute par jour indemnisé.
- Étape 4 : retirer les trois jours de carence du nombre de jours indemnisables.
- Étape 5 : intégrer le complément employeur éventuel, puis les retenues applicables pour estimer le montant net réellement perçu.
Pour un arrêt de 30 jours, ce calcul théorique donne 27 jours indemnisables par la CPAM, soit environ 887,76 € d'IJSS brutes avant complément et retenues. Ce montant n'est pas le salaire net final : il représente uniquement la composante Sécurité sociale calculée avec les hypothèses retenues.
Pourquoi le plafond pénalise-t-il davantage certains salaires ?
Depuis avril 2025, la rémunération retenue pour calculer les IJSS maladie est plafonnée à 1,4 SMIC, contre 1,8 SMIC auparavant. Cette modification limite davantage les indemnités des salariés dont la rémunération dépasse le plafond.
Pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026, Simulateur Gratuit indique un plafond d'IJSS maladie de 42,97 € brut par jour. Même lorsque le salaire journalier réel justifierait une indemnité supérieure, la CPAM ne dépasse pas cette limite dans le cadre considéré.
C'est une distinction essentielle : une hausse de salaire ne se traduit pas nécessairement par une hausse équivalente des indemnités. Au-delà du plafond, la différence dépend principalement des protections complémentaires.
Combien d'argent perd-on selon la durée de l'arrêt ?
Pour comprendre l'effet de la durée, il faut distinguer les trois jours sans IJSS, les jours indemnisés par la CPAM et les périodes pendant lesquelles un complément employeur peut intervenir.
Un arrêt de 7 jours : la carence pèse lourd
Sur sept jours calendaires d'arrêt maladie ordinaire, seuls quatre jours donnent normalement lieu au versement d'IJSS. Avec notre exemple à 2 000 € brut mensuels, cela représente environ 131,52 € d'indemnités brutes de la CPAM.
La perte nette exacte ne peut pas être déduite de ce seul montant. Il faut connaître les jours normalement travaillés, les règles de maintien de salaire et les retenues sur les indemnités. Un arrêt court peut donc être financièrement pénalisant sans qu'un pourcentage universel de perte soit applicable.
Un arrêt de 30 jours : le complément devient déterminant
Le simulateur Simulateur Gratuit affiche une perte nette estimée à 410,34 € pour un arrêt de 30 jours avec un salaire de référence de 2 000 € brut. Il s'agit d'une estimation issue de ses propres paramètres, et non d'une somme automatiquement perdue par tous les salariés ayant ce salaire.
Pour une personne bénéficiant du complément légal, le maintien peut atteindre 90 % du salaire brut de référence pendant la première période prévue. Toutefois, le complément légal ne démarre pas nécessairement en même temps que les IJSS : les délais de carence de la Sécurité sociale et de l'employeur doivent être distingués. Une convention collective peut également modifier le résultat.
Un arrêt de 90 jours : une baisse qui s'accumule
Avec le même salaire brut de référence, Simulateur Gratuit estime la perte nette à 2 403,14 € sur 90 jours. L'écart avec l'arrêt de 30 jours montre pourquoi il serait trompeur de multiplier simplement la perte du premier mois par trois.
Le complément légal de l'employeur est prévu, pour l'ancienneté minimale considérée, à hauteur de 90 % pendant 30 jours, puis de 66,67 % pendant 30 jours supplémentaires. Ces durées augmentent de dix jours par tranche de cinq années d'ancienneté au-delà de la première année.
Lorsque le complément s'arrête, le salarié peut se retrouver essentiellement dépendant des IJSS et des éventuelles garanties de prévoyance. C'est souvent ce changement de période qui explique une dégradation progressive des revenus.
Salarié, fonctionnaire ou indépendant : qui est le mieux protégé ?
Le salarié du privé
Son indemnisation repose sur les IJSS, le complément légal éventuel et les dispositions conventionnelles. Pour ouvrir droit aux indemnités durant les six premiers mois d'arrêt, Service Public précise notamment une condition de 150 heures travaillées sur les trois mois précédents, ou une condition alternative de cotisations calculée sur une base au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire sur six mois.
Le nombre de jours indemnisables n'est pas illimité : Calcunet rappelle la limite de 360 jours d'IJSS sur trois années glissantes dans le régime de maladie ordinaire considéré.
Le fonctionnaire
Le fonctionnaire relève d'un fonctionnement différent. Depuis mars 2025, le congé de maladie ordinaire donne lieu, pendant les trois premiers mois, à un maintien de 90 % du traitement, contre 100 % auparavant. Du quatrième au douzième mois, le taux est de 50 %.
Le délai de carence est d'un jour non rémunéré. Certains éléments de rémunération, comme le supplément familial de traitement ou certains remboursements de frais, peuvent néanmoins continuer d'être versés selon les règles détaillées par Service Public.
Pour illustrer l'effet du taux de 90 %, un traitement de référence fictif de 2 000 € correspondrait à 1 800 € avant prise en compte de la carence et des particularités de rémunération. Ce calcul simplifié ne permet pas de déterminer une perte nette exacte.
Les règles de prescription ont également évolué en 2026. Depuis septembre, les durées maximales indiquées pour les fonctionnaires concernés sont de 31 jours pour une prescription initiale et de 62 jours pour une prolongation, avec les exceptions médicales applicables.
Le travailleur indépendant
Pour un indépendant ou un micro-entrepreneur, il serait trompeur de reprendre directement le calcul du salarié. Les conditions d'ouverture des droits, le revenu servant de référence et les garanties souscrites doivent être examinés selon son régime.
Sans connaître ces paramètres, impossible d'annoncer sérieusement une indemnité journalière ou une perte nette universelle. Un indépendant doit également distinguer la baisse de son revenu personnel des charges professionnelles qui peuvent continuer pendant son absence.
La comparaison la plus utile n'est donc pas seulement celle des taux affichés : c'est celle du revenu disponible après indemnisation, carence et charges restant à payer.
Comment estimer votre perte de revenus sans vous tromper ?
Un simulateur sérieux doit procéder dans un ordre précis. Commencez par déterminer votre statut, votre rémunération de référence et la durée calendaire de l'arrêt. Vérifiez ensuite vos droits à indemnisation et le nombre de jours réellement couverts.
Pour un salarié, calculez les IJSS brutes avec la formule des trois derniers salaires divisés par 91,25, puis appliquez le taux de 50 % et le plafond applicable. Retranchez les jours de carence, puis ajoutez uniquement le complément employeur auquel vous avez effectivement droit.
Enfin, comparez le revenu net habituel avec le montant net attendu pendant l'arrêt, après retenues et éventuelles prestations complémentaires. Ne comparez jamais directement un salaire net à une IJSS brute : les deux montants ne sont pas exprimés sur la même base.
Le bon indicateur n'est pas le pourcentage de salaire annoncé, mais la différence entre ce qui arrive normalement sur votre compte et ce qui y arrivera réellement pendant votre absence.
Cette méthode permet aussi d'identifier les informations manquantes avant de se fier à un résultat automatique : convention collective, ancienneté, garanties de prévoyance ou modalités particulières de maintien du traitement.
Questions fréquentes
Combien perd-on réellement pendant un arrêt maladie de 30 jours ?
Pour un salaire de référence de 2 000 € brut, Simulateur Gratuit estime une perte nette de 410,34 € sur 30 jours. Le montant réel dépend notamment de l'ancienneté, du complément employeur, des garanties conventionnelles et des retenues applicables.
Comment calculer une indemnité journalière maladie en 2026 ?
Pour un salarié mensualisé, additionnez les trois derniers salaires bruts, divisez par 91,25, puis prenez 50 % du résultat. Appliquez ensuite le plafond réglementaire, fixé à 42,97 € brut par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026 selon Simulateur Gratuit.
Un fonctionnaire perd-il moins qu'un salarié du privé ?
Pas nécessairement. Le fonctionnaire supporte normalement un jour de carence et bénéficie d'un maintien de 90 % de son traitement pendant les trois premiers mois, tandis que le salarié du privé dépend des IJSS et des compléments applicables. La comparaison doit être effectuée sur les montants nets et les éléments de rémunération réellement conservés.
Un indépendant est-il indemnisé comme un salarié ?
Non, il ne faut pas lui appliquer automatiquement les règles de calcul et de complément employeur du salariat. L'indemnisation dépend de son régime et de sa situation, et sa perte financière doit également intégrer les charges professionnelles qui continuent pendant l'arrêt.
Sources
- Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié (service-public.gouv.fr)
- Y-a-t-il un délai de carence en cas de maladie dans la fonction ... (service-public.gouv.fr)
- Congé de maladie du fonctionnaire | Service Public (service-public.gouv.fr)
- Arrêt maladie 2026 : IJSS, carence et indemnités (simulateur-gratuit.fr)
- Indemnités journalières maladie 2026 : calcul, plafond 1,4 SMIC et ... (calcunet.fr)
- Indemnités Journalières 2026 — IJSS | Calcunet (calcunet.fr)
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