Loading...
By continuing to browse this site, you agree to the use of cookies that ensure its proper functioning.
enEnglish
frFrench
esSpanish
zhChinese
jaJapanese
koKorean
hiHindi
deGerman
noNorwegian
Recherche article
Me connecter
Fleche top bulle Fleche top bulle
DE EN ES FR HI JA KO NO ZH
Centre de données cloud avec serveurs lumineux symbolisant la protection des données de santé françaises

Données de santé : la France quitte Microsoft pour Scaleway

Publié le 27 Avril 2026

C'est une décision qui marque un tournant dans la politique numérique française : le gouvernement a annoncé le transfert de la plateforme nationale des données de santé — le Health Data Hub — depuis les serveurs de Microsoft Azure vers ceux de Scaleway, filiale du groupe Iliad (Free). Un changement attendu, mais qui soulève autant de questions qu'il n'en résout.

Pourquoi la France abandonne Microsoft pour ses données de santé ?

Depuis 2019, le Health Data Hub centralise les données médicales de dizaines de millions de Français. Cette plateforme rassemble des informations issues des hôpitaux, des médecins généralistes, des laboratoires et des mutuelles pour permettre aux chercheurs d'analyser des tendances épidémiologiques à grande échelle.

Le problème : Microsoft est une entreprise américaine. Et à ce titre, elle est soumise au CLOUD Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act), une loi américaine adoptée en 2018 qui autorise les autorités des États-Unis à accéder aux données hébergées par des fournisseurs américains, y compris lorsque celles-ci sont stockées sur des serveurs européens.

« Les données de santé des Français ne peuvent pas être soumises à la juridiction d'un pays tiers. C'est une question de souveraineté nationale. »

La CNIL — Commission nationale de l'informatique et des libertés — avait d'ailleurs refusé de valider définitivement l'hébergement chez Microsoft, précisément en raison de ces risques liés à l'extraterritorialité du droit américain. Ce refus, combiné à une prise de conscience croissante sur la question de la souveraineté numérique, a finalement conduit à la décision de migration.

Scaleway : le cloud français choisi pour remplacer Azure

C'est Scaleway, l'opérateur cloud du groupe Iliad fondé par Xavier Niel, qui a été retenu pour héberger ces données sensibles. Basée en France et soumise au droit européen, Scaleway présente des garanties juridiques que ne peut offrir un hébergeur américain.

La migration ne se fera pas du jour au lendemain. Selon les informations disponibles, la plateforme devrait être pleinement opérationnelle entre fin 2026 et début 2027. D'ici là, des mesures transitoires permettront d'assurer la continuité du service pour les chercheurs et les professionnels de santé qui utilisent quotidiennement la plateforme.

Qu'est-ce que le Health Data Hub ?

Le Health Data Hub est bien plus qu'un simple espace de stockage. Il s'agit d'une infrastructure permettant :

  • De centraliser les données médicales issues de sources multiples (hôpitaux, SNDS, laboratoires, médecins)
  • De faciliter la recherche sur des pathologies chroniques, des tendances épidémiologiques ou l'efficacité de traitements
  • De mettre à disposition des chercheurs (publics et privés) des jeux de données anonymisés pour l'intelligence artificielle en santé
  • De renforcer le système de santé français grâce à une meilleure connaissance des besoins de la population

On comprend mieux, dès lors, pourquoi la question de l'hébergement est aussi stratégique. Une fuite ou un accès non autorisé à ces données pourrait avoir des conséquences considérables pour des millions de personnes.

Une décision emblématique de la souveraineté numérique

Ce transfert vers Scaleway s'inscrit dans une tendance plus large en Europe : celle du rapatriement des données sensibles vers des infrastructures nationales ou européennes. Le règlement européen sur les données (Data Act), entré progressivement en application, et l'AI Act imposent désormais des exigences renforcées sur la localisation et la gouvernance des données.

La France n'est pas la seule à prendre ce virage. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède ont également engagé des démarches similaires pour réduire leur dépendance aux grands acteurs américains du cloud — le fameux Big Tech composé d'Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud.

Le paradoxe du choix initial

Ironiquement, c'est sans appel d'offres que Microsoft avait été retenu en 2019. Une décision prise dans l'urgence — en pleine montée en puissance du besoin de traitement massif de données de santé — mais qui n'avait pas manqué de susciter des critiques dès le départ. Des associations de défense des droits numériques, des chercheurs et des élus avaient alerté sur les risques dès l'annonce.

Cinq ans plus tard, le choix est finalement rectifié. Mais cette histoire illustre parfaitement les défis que pose la transition numérique pour les États : rapidité de déploiement vs maîtrise à long terme des données.

Ce que ça change concrètement pour les citoyens

Pour la grande majorité des Français, ce changement sera totalement invisible dans leur quotidien. Personne ne verra la différence entre une consultation chez son médecin avant ou après la migration. Ce qui change, c'est la garantie juridique en coulisse.

En pratique, voici ce que cette migration assure :

  • Vos données médicales ne peuvent plus être transmises aux autorités américaines en vertu du CLOUD Act
  • L'hébergeur est soumis exclusivement au droit français et européen
  • En cas de litige, les recours sont plus accessibles et transparents pour les citoyens européens
  • La chaîne de traitement des données reste sous contrôle de structures soumises au RGPD sans risque de conflit avec une législation étrangère

Un signal fort pour l'industrie cloud européenne

Ce contrat est une aubaine pour Scaleway et l'écosystème cloud souverain européen. Il démontre qu'il est possible de remplacer les géants américains pour des projets d'envergure nationale, et que les acteurs européens ont désormais la maturité technique pour assumer cette responsabilité.

Des projets similaires commencent à émerger dans d'autres secteurs : justice, défense, éducation nationale. La question n'est plus de savoir si l'Europe rapatriera ses données, mais à quelle vitesse ce mouvement s'accélère.

Dans ce contexte, l'initiative française sur les données de santé pourrait bien faire figure de modèle — ou tout au moins d'expérimentation grandeur nature dont les enseignements seront précieux pour les années à venir.

Tags
données de santé
souveraineté numérique
Scaleway
Microsoft Azure
cloud français
Health Data Hub
Envoyer à un ami
Signaler cet article
A propos de l'auteur
Centre de données cloud avec serveurs lumineux symbolisant la protection des données de santé françaises

Données de santé : la France quitte Microsoft pour Scaleway

Publié le 27 Avril 2026

C'est une décision qui marque un tournant dans la politique numérique française : le gouvernement a annoncé le transfert de la plateforme nationale des données de santé — le Health Data Hub — depuis les serveurs de Microsoft Azure vers ceux de Scaleway, filiale du groupe Iliad (Free). Un changement attendu, mais qui soulève autant de questions qu'il n'en résout.

Pourquoi la France abandonne Microsoft pour ses données de santé ?

Depuis 2019, le Health Data Hub centralise les données médicales de dizaines de millions de Français. Cette plateforme rassemble des informations issues des hôpitaux, des médecins généralistes, des laboratoires et des mutuelles pour permettre aux chercheurs d'analyser des tendances épidémiologiques à grande échelle.

Le problème : Microsoft est une entreprise américaine. Et à ce titre, elle est soumise au CLOUD Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act), une loi américaine adoptée en 2018 qui autorise les autorités des États-Unis à accéder aux données hébergées par des fournisseurs américains, y compris lorsque celles-ci sont stockées sur des serveurs européens.

« Les données de santé des Français ne peuvent pas être soumises à la juridiction d'un pays tiers. C'est une question de souveraineté nationale. »

La CNIL — Commission nationale de l'informatique et des libertés — avait d'ailleurs refusé de valider définitivement l'hébergement chez Microsoft, précisément en raison de ces risques liés à l'extraterritorialité du droit américain. Ce refus, combiné à une prise de conscience croissante sur la question de la souveraineté numérique, a finalement conduit à la décision de migration.

Scaleway : le cloud français choisi pour remplacer Azure

C'est Scaleway, l'opérateur cloud du groupe Iliad fondé par Xavier Niel, qui a été retenu pour héberger ces données sensibles. Basée en France et soumise au droit européen, Scaleway présente des garanties juridiques que ne peut offrir un hébergeur américain.

La migration ne se fera pas du jour au lendemain. Selon les informations disponibles, la plateforme devrait être pleinement opérationnelle entre fin 2026 et début 2027. D'ici là, des mesures transitoires permettront d'assurer la continuité du service pour les chercheurs et les professionnels de santé qui utilisent quotidiennement la plateforme.

Qu'est-ce que le Health Data Hub ?

Le Health Data Hub est bien plus qu'un simple espace de stockage. Il s'agit d'une infrastructure permettant :

  • De centraliser les données médicales issues de sources multiples (hôpitaux, SNDS, laboratoires, médecins)
  • De faciliter la recherche sur des pathologies chroniques, des tendances épidémiologiques ou l'efficacité de traitements
  • De mettre à disposition des chercheurs (publics et privés) des jeux de données anonymisés pour l'intelligence artificielle en santé
  • De renforcer le système de santé français grâce à une meilleure connaissance des besoins de la population

On comprend mieux, dès lors, pourquoi la question de l'hébergement est aussi stratégique. Une fuite ou un accès non autorisé à ces données pourrait avoir des conséquences considérables pour des millions de personnes.

Une décision emblématique de la souveraineté numérique

Ce transfert vers Scaleway s'inscrit dans une tendance plus large en Europe : celle du rapatriement des données sensibles vers des infrastructures nationales ou européennes. Le règlement européen sur les données (Data Act), entré progressivement en application, et l'AI Act imposent désormais des exigences renforcées sur la localisation et la gouvernance des données.

La France n'est pas la seule à prendre ce virage. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède ont également engagé des démarches similaires pour réduire leur dépendance aux grands acteurs américains du cloud — le fameux Big Tech composé d'Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud.

Le paradoxe du choix initial

Ironiquement, c'est sans appel d'offres que Microsoft avait été retenu en 2019. Une décision prise dans l'urgence — en pleine montée en puissance du besoin de traitement massif de données de santé — mais qui n'avait pas manqué de susciter des critiques dès le départ. Des associations de défense des droits numériques, des chercheurs et des élus avaient alerté sur les risques dès l'annonce.

Cinq ans plus tard, le choix est finalement rectifié. Mais cette histoire illustre parfaitement les défis que pose la transition numérique pour les États : rapidité de déploiement vs maîtrise à long terme des données.

Ce que ça change concrètement pour les citoyens

Pour la grande majorité des Français, ce changement sera totalement invisible dans leur quotidien. Personne ne verra la différence entre une consultation chez son médecin avant ou après la migration. Ce qui change, c'est la garantie juridique en coulisse.

En pratique, voici ce que cette migration assure :

  • Vos données médicales ne peuvent plus être transmises aux autorités américaines en vertu du CLOUD Act
  • L'hébergeur est soumis exclusivement au droit français et européen
  • En cas de litige, les recours sont plus accessibles et transparents pour les citoyens européens
  • La chaîne de traitement des données reste sous contrôle de structures soumises au RGPD sans risque de conflit avec une législation étrangère

Un signal fort pour l'industrie cloud européenne

Ce contrat est une aubaine pour Scaleway et l'écosystème cloud souverain européen. Il démontre qu'il est possible de remplacer les géants américains pour des projets d'envergure nationale, et que les acteurs européens ont désormais la maturité technique pour assumer cette responsabilité.

Des projets similaires commencent à émerger dans d'autres secteurs : justice, défense, éducation nationale. La question n'est plus de savoir si l'Europe rapatriera ses données, mais à quelle vitesse ce mouvement s'accélère.

Dans ce contexte, l'initiative française sur les données de santé pourrait bien faire figure de modèle — ou tout au moins d'expérimentation grandeur nature dont les enseignements seront précieux pour les années à venir.

Tags
données de santé
souveraineté numérique
Scaleway
Microsoft Azure
cloud français
Health Data Hub
Envoyer à un ami
Signaler cet article
A propos de l'auteur
Centre de données cloud avec serveurs lumineux symbolisant la protection des données de santé françaises

Données de santé : la France quitte Microsoft pour Scaleway

Publié le 27 Avril 2026

C'est une décision qui marque un tournant dans la politique numérique française : le gouvernement a annoncé le transfert de la plateforme nationale des données de santé — le Health Data Hub — depuis les serveurs de Microsoft Azure vers ceux de Scaleway, filiale du groupe Iliad (Free). Un changement attendu, mais qui soulève autant de questions qu'il n'en résout.

Pourquoi la France abandonne Microsoft pour ses données de santé ?

Depuis 2019, le Health Data Hub centralise les données médicales de dizaines de millions de Français. Cette plateforme rassemble des informations issues des hôpitaux, des médecins généralistes, des laboratoires et des mutuelles pour permettre aux chercheurs d'analyser des tendances épidémiologiques à grande échelle.

Le problème : Microsoft est une entreprise américaine. Et à ce titre, elle est soumise au CLOUD Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act), une loi américaine adoptée en 2018 qui autorise les autorités des États-Unis à accéder aux données hébergées par des fournisseurs américains, y compris lorsque celles-ci sont stockées sur des serveurs européens.

« Les données de santé des Français ne peuvent pas être soumises à la juridiction d'un pays tiers. C'est une question de souveraineté nationale. »

La CNIL — Commission nationale de l'informatique et des libertés — avait d'ailleurs refusé de valider définitivement l'hébergement chez Microsoft, précisément en raison de ces risques liés à l'extraterritorialité du droit américain. Ce refus, combiné à une prise de conscience croissante sur la question de la souveraineté numérique, a finalement conduit à la décision de migration.

Scaleway : le cloud français choisi pour remplacer Azure

C'est Scaleway, l'opérateur cloud du groupe Iliad fondé par Xavier Niel, qui a été retenu pour héberger ces données sensibles. Basée en France et soumise au droit européen, Scaleway présente des garanties juridiques que ne peut offrir un hébergeur américain.

La migration ne se fera pas du jour au lendemain. Selon les informations disponibles, la plateforme devrait être pleinement opérationnelle entre fin 2026 et début 2027. D'ici là, des mesures transitoires permettront d'assurer la continuité du service pour les chercheurs et les professionnels de santé qui utilisent quotidiennement la plateforme.

Qu'est-ce que le Health Data Hub ?

Le Health Data Hub est bien plus qu'un simple espace de stockage. Il s'agit d'une infrastructure permettant :

  • De centraliser les données médicales issues de sources multiples (hôpitaux, SNDS, laboratoires, médecins)
  • De faciliter la recherche sur des pathologies chroniques, des tendances épidémiologiques ou l'efficacité de traitements
  • De mettre à disposition des chercheurs (publics et privés) des jeux de données anonymisés pour l'intelligence artificielle en santé
  • De renforcer le système de santé français grâce à une meilleure connaissance des besoins de la population

On comprend mieux, dès lors, pourquoi la question de l'hébergement est aussi stratégique. Une fuite ou un accès non autorisé à ces données pourrait avoir des conséquences considérables pour des millions de personnes.

Une décision emblématique de la souveraineté numérique

Ce transfert vers Scaleway s'inscrit dans une tendance plus large en Europe : celle du rapatriement des données sensibles vers des infrastructures nationales ou européennes. Le règlement européen sur les données (Data Act), entré progressivement en application, et l'AI Act imposent désormais des exigences renforcées sur la localisation et la gouvernance des données.

La France n'est pas la seule à prendre ce virage. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède ont également engagé des démarches similaires pour réduire leur dépendance aux grands acteurs américains du cloud — le fameux Big Tech composé d'Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud.

Le paradoxe du choix initial

Ironiquement, c'est sans appel d'offres que Microsoft avait été retenu en 2019. Une décision prise dans l'urgence — en pleine montée en puissance du besoin de traitement massif de données de santé — mais qui n'avait pas manqué de susciter des critiques dès le départ. Des associations de défense des droits numériques, des chercheurs et des élus avaient alerté sur les risques dès l'annonce.

Cinq ans plus tard, le choix est finalement rectifié. Mais cette histoire illustre parfaitement les défis que pose la transition numérique pour les États : rapidité de déploiement vs maîtrise à long terme des données.

Ce que ça change concrètement pour les citoyens

Pour la grande majorité des Français, ce changement sera totalement invisible dans leur quotidien. Personne ne verra la différence entre une consultation chez son médecin avant ou après la migration. Ce qui change, c'est la garantie juridique en coulisse.

En pratique, voici ce que cette migration assure :

  • Vos données médicales ne peuvent plus être transmises aux autorités américaines en vertu du CLOUD Act
  • L'hébergeur est soumis exclusivement au droit français et européen
  • En cas de litige, les recours sont plus accessibles et transparents pour les citoyens européens
  • La chaîne de traitement des données reste sous contrôle de structures soumises au RGPD sans risque de conflit avec une législation étrangère

Un signal fort pour l'industrie cloud européenne

Ce contrat est une aubaine pour Scaleway et l'écosystème cloud souverain européen. Il démontre qu'il est possible de remplacer les géants américains pour des projets d'envergure nationale, et que les acteurs européens ont désormais la maturité technique pour assumer cette responsabilité.

Des projets similaires commencent à émerger dans d'autres secteurs : justice, défense, éducation nationale. La question n'est plus de savoir si l'Europe rapatriera ses données, mais à quelle vitesse ce mouvement s'accélère.

Dans ce contexte, l'initiative française sur les données de santé pourrait bien faire figure de modèle — ou tout au moins d'expérimentation grandeur nature dont les enseignements seront précieux pour les années à venir.

Tags
données de santé
souveraineté numérique
Scaleway
Microsoft Azure
cloud français
Health Data Hub
Envoyer à un ami
Signaler cet article
A propos de l'auteur
27 April 2026 23:03:09

Health Data: France Leaves Microsoft for Scaleway

It is a decision that marks a turning point in French digital policy: the government has announced the transfer of the national health data platform — the Health Data Hub — from Microsoft Azure servers to those of Scaleway, a subsidiary of the Iliad group (Free). A long-awaited change, but one...
Read more